
Les nouvelles annonces économiques du régime cubain ne semblent pas avoir apaisé la population. Vendredi 19 juin au soir et durant la nuit de samedi, plusieurs quartiers de La Havane ont été le théâtre de manifestations, de concerts de casseroles et de barricades, sur fond d’aggravation des coupures d’électricité et de pénuries d’eau.
Dans plusieurs municipalités de la capitale – notamment Centro Habana, Guanabacoa, Playa, Cotorro, Regla, Cojímar et San Miguel del Padrón – des habitants sont descendus dans la rue pour dénoncer des conditions de vie devenues insoutenables. Des slogans hostiles au régime ont été entendus, parmi lesquels : « À bas le communisme ! » ou encore « Liberté, bordel ! ».
Des coupures d’électricité de plus en plus difficiles à supporter
Selon de nombreux témoignages relayés sur les réseaux sociaux par des journalistes indépendants, activistes et médias cubains, certains quartiers ont subi plus de 24 à 30 heures consécutives sans électricité, parfois accompagnées de plusieurs jours sans accès à l’eau.
Dans le quartier Dulce Nombre, à Cotorro, des résidents ont affirmé vivre « plus de 24 heures sans courant et trois jours sans eau ». Une vidéo diffusée par le journaliste Mario J. Pentón montre des habitants manifestant leur colère dans les rues.
À Guanabacoa, des concerts de casseroles ont également éclaté dans les quartiers de La Hata et El Roble après de longues coupures d’électricité. À Centro Habana, des riverains ont allumé des feux dans la rue en signe de protestation, tandis que des vidéos montrent des enfants frappant sur des casseroles aux côtés des manifestants.
Barricades et tensions dans plusieurs quartiers
Des scènes similaires ont été signalées dans d’autres secteurs de la capitale. Dans la municipalité de Playa, des barricades composées de détritus incendiés ont été érigées afin de bloquer la circulation.
L’activiste Saúl Manuel affirme par ailleurs que des agents de la Sécurité de l’État circulaient dans des véhicules de l’opérateur ETECSA. D’autres rassemblements ont été rapportés à Cojímar, Regla, Siboney et dans le quartier Naranjo.
À Cojímar, certains habitants dénoncent également un traitement préférentiel dans la distribution de l’électricité. Selon plusieurs témoignages relayés en ligne, certains circuits auraient été épargnés par les coupures grâce à l’intervention d’une personne liée à un militaire. Ces accusations n’ont toutefois pas pu être vérifiées de manière indépendante.
Les 176 mesures du régime ne convainquent pas
Ces manifestations surviennent au lendemain de l’annonce par le gouvernement cubain d’un vaste paquet de 176 mesures économiques, présenté comme une réforme structurelle du modèle économique du pays.
Mais sur le terrain, la colère reste vive. Les habitants dénoncent avant tout la dégradation continue des conditions de vie, les coupures d’électricité interminables, le manque d’eau et l’absence de réponses concrètes des autorités.
Depuis plusieurs semaines, les protestations nocturnes se multiplient à travers Cuba en raison de la crise énergétique. Concerts de casseroles, barrages improvisés et blocages de rues sont devenus des formes récurrentes d’expression du mécontentement populaire face à des coupures de courant qui dépassent parfois vingt heures par jour.