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« El Cangrejo », petit-fils de Raúl Castro, se dit prêt à négocier avec Trump

Raúl Castro et Raúl Guillermo Rodríguez Castro à La Havane (Cuba), le 1ᵉʳ mai 2026

Le petit-fils préféré de Raúl Castro, Raúl Guillermo Rodríguez Castro, alias « El Cangrejo », affirme être prêt à négocier avec Donald Trump au nom de Cuba. Dans un entretien accordé à USA Today, il se dit également favorable à la libération de « personnes considérées comme des prisonniers politiques » et assure vouloir promouvoir de profondes réformes économiques.

Un héritier au train de vie luxueux

T-shirt Hugo Boss, baskets Hermès, Rolex en acier inoxydable et serviette en cuir Salvatore Ferragamo pour transporter des documents classifiés du gouvernement cubain : le contraste avec les difficultés quotidiennes de la majorité des Cubains n’est pas passé inaperçu.

« Cela me fait beaucoup de peine que les gens ne puissent pas vivre comme moi », déclare le quadragénaire. « Mon plus grand regret est de voir les gens vivre dans la difficulté. Mais je me lève chaque jour pour essayer de changer cette situation. » Il dit rêver d’une Cuba où chacun pourrait « acheter du foie gras dans les supermarchés ».

Prêt à dialoguer avec Washington

Pour Rodríguez Castro, la sortie de crise passe par une reprise du dialogue avec les États-Unis.

« Si l’on me désigne, je peux négocier avec toute personne choisie par le gouvernement des États-Unis », affirme-t-il. Et si son interlocuteur devait être Donald Trump ? « Si l’occasion se présentait, bien sûr. »

Depuis le durcissement des sanctions américaines en 2025 – embargo pétrolier, sanctions contre des responsables militaires et des entreprises liées au régime –, les discussions entre La Havane et Washington sont au point mort.

Un successeur officieux ?

À Washington, plusieurs responsables estiment qu’aucune personnalité ne semble aujourd’hui capable d’incarner une transition politique à Cuba. Le secrétaire d’État Marco Rubio déclarait récemment ne pas croire que le système puisse se réformer « à moins que de nouvelles personnes accèdent au pouvoir ou qu’une nouvelle façon de penser ne s’impose ».

Rodríguez Castro assure pourtant qu’il pourrait jouer ce rôle, bien qu’il affirme ne pas être un homme politique et n’avoir « jamais été intéressé par la politique ». Il met en avant son expérience acquise lors du rapprochement diplomatique entre Cuba et les États-Unis sous Barack Obama.

« Si, un jour, la Révolution me le demandait, je le ferais », affirme-t-il.

Une influence grandissante

Alors que Raúl Castro, âgé de 95 ans, s’est retiré de la vie publique et que son fils Alejandro Castro Espín est visé par des sanctions américaines, « El Cangrejo » apparaît de plus en plus comme un interlocuteur de premier plan.

Ces derniers mois, il a participé à plusieurs rencontres diplomatiques, notamment avec Marco Rubio lors d’un sommet de la CARICOM, et a été aperçu lors de réunions avec des responsables américains, alimentant les interrogations sur son véritable rôle au sein du pouvoir cubain.

À chaque apparition, la même question revient : quelle est réellement son influence ? Officiellement, aucune fonction politique majeure ne lui est attribuée, mais sa présence au plus haut niveau nourrit les spéculations.

Des réformes économiques sans ouverture politique

Rodríguez Castro affirme avoir pesé dans l’adoption des récentes réformes économiques annoncées par La Havane, qui ouvrent davantage l’économie aux capitaux privés nationaux et étrangers et prévoient un mécanisme d’indemnisation des biens confisqués après la Révolution.

En revanche, il exclut toute réforme du système politique cubain. Une position que Washington juge insuffisante pour envisager un véritable rapprochement.

Ouverture sur les prisonniers politiques

Interrogé sur les droits humains, le petit-fils de Raúl Castro affirme être prêt à libérer « des personnes considérées comme des prisonniers politiques ».

Cette déclaration intervient alors que plus d’un millier de prisonniers politiques demeurent incarcérés à Cuba, selon les organisations de défense des droits humains. Si les précédents cycles de négociations entre La Havane et Washington ont déjà conduit à des libérations ponctuelles de détenus, une grande partie d’entre eux reste toujours emprisonnée.