Cuba : les groupes hôteliers étrangers se retirent sous la pression américaine

À l’approche de l’échéance fixée par Washington, plusieurs grandes chaînes hôtelières internationales annoncent leur retrait partiel de Cuba. Les États-Unis avaient donné jusqu’au 5 juin aux entreprises étrangères collaborant avec le gouvernement cubain pour cesser certaines activités, sous peine de sanctions et de gel de leurs avoirs américains.

Hôtel Iberostar de Varadero

Meliá, Iberostar et d’autres réduisent leur présence

La chaîne espagnole Meliá a annoncé le 3 juin son retrait de 15 hôtels exploités en partenariat avec Gaesa, le puissant conglomérat militaro-économique cubain ciblé par les sanctions américaines. Officiellement, l’entreprise invoque également la baisse de la demande touristique et les difficultés énergétiques de l’île.

Quelques jours plus tôt, Iberostar avait pris une décision similaire en abandonnant la gestion de 12 de ses 18 établissements cubains, également liés à Gaesa. D’autres groupes, comme Blue Diamond (Canada) et Archipelago International (Asie du Sud-Est), ont eux aussi réduit ou cessé certaines activités à Cuba.

Un secteur touristique déjà en crise profonde

Ces départs interviennent dans un contexte particulièrement difficile pour l’économie cubaine. L’île a accueilli seulement 1,8 million de touristes internationaux en 2025, son plus faible niveau depuis plus de vingt ans. Entre janvier et avril 2026, la fréquentation touristique aurait encore chuté de 56 % par rapport à la même période de l’année précédente.

Les coupures d’électricité, les pénuries de carburant, ainsi que le manque de produits de première nécessité contribuent à dégrader l’attractivité de la destination. Plusieurs compagnies aériennes internationales ont également réduit ou suspendu leurs liaisons vers l’île.

Les critiques contre les chaînes hôtelières

Certains médias d’opposition cubains estiment que les groupes hôteliers ne vont pas assez loin. Ils dénoncent le maintien d’une partie des activités touristiques et accusent les entreprises étrangères de continuer à soutenir indirectement Gaesa, acteur central de l’économie cubaine.

Nouveau coup dur : Visa et Mastercard suspendues

La situation s’est encore compliquée avec l’annonce de la Banque centrale cubaine selon laquelle les cartes Visa et Mastercard ne seront plus acceptées à partir du 7 juin. Cette décision résulte de la rupture des relations entre une banque étrangère et Fincimex, la branche financière de Gaesa visée par les sanctions américaines.

Désormais, seules certaines cartes nationales cubaines ainsi que les cartes russes Mir et chinoises UnionPay pourront être utilisées. Cette mesure risque d’affecter fortement les touristes étrangers, les expatriés et de nombreux Cubains qui dépendaient des cartes internationales pour leurs achats.

Une économie sous pression croissante

Le retrait progressif des groupes hôteliers, l’effondrement du tourisme, la réduction des liaisons aériennes et les nouvelles restrictions bancaires illustrent l’impact croissant des sanctions américaines sur l’économie cubaine. Ces difficultés s’ajoutent à une crise interne marquée par les pénuries, les coupures d’électricité et une forte baisse de l’activité économique.