« Les politiques, pratiques et actions du gouvernement cubain sont conçues pour nuire aux États-Unis et soutenir des pays hostiles, des groupes terroristes transnationaux et des agents malveillants cherchant à détruire les États-Unis », affirme le décret. C’est pourquoi, ajoute-t-il, « la situation concernant Cuba représente une menace inhabituelle et extraordinaire » contre la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis. Par conséquent, « je déclare une urgence nationale face à cette menace », stipule le président américain dans le document.

Pour faire face à la menace qu’il déclare, il juge « nécessaire et approprié » d’établir un système de droits de douane contre les produits des pays étrangers qui fourniraient « directement ou indirectement » tout type de pétrole à Cuba.
Le Mexique est devenu le principal fournisseur de brut de Cuba après l’intervention des États-Unis au Venezuela, rapporte Sonia Corona depuis le Mexique. La présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, a soutenu que les cargaisons de pétrole envoyées par son gouvernement relèvent de deux catégories : aide humanitaire et contrats conclus par Pemex, la compagnie pétrolière publique, avec le régime cubain. Jusqu’au début janvier, les navires reliaient régulièrement les côtes du golfe du Mexique à l’île. Cependant, Pemex a suspendu l’envoi de pétroliers vers La Havane à partir de la mi-janvier.
Sheinbaum a assuré à plusieurs reprises que l’aide humanitaire en hydrocarbures se poursuivrait et, après un appel avec Trump ce jeudi, elle a nié que le sujet ait fait partie de la conversation. Dans son dernier rapport — publié en décembre — la compagnie pétrolière mexicaine estimait qu’au cours des neuf premiers mois de 2025, le Mexique avait exporté 17 200 barils de brut par jour, soit 3,3 % de ses exportations totales.
Selon une estimation du Financial Times, Cuba dispose de suffisamment de pétrole pour les 15 à 20 prochains jours. Le Venezuela fournissait en moyenne environ 46 500 barils par jour à l’île avant l’intervention des États-Unis. Le Mexique livrait en moyenne 17 200 barils par jour, qui ont cessé d’arriver au début janvier, quelques jours seulement après l’incursion américaine à Caracas. D’autres fournisseurs de brut sont la Russie, qui a envoyé son dernier navire en octobre, et l’Algérie, qui n’a plus expédié de cargaison depuis février dernier, selon la même source.
Depuis l’opération militaire américaine qui a capturé le président vénézuélien, Nicolás Maduro, et son épouse, Cilia Flores, à Caracas le 3 du mois dernier, un Trump enhardi par son succès emploie une rhétorique de plus en plus agressive contre le régime cubain, dont il affirme qu’« il va bientôt tomber ».
Mardi, dans des déclarations avant de se rendre dans l’Iowa pour prononcer un discours économique, il assurait aux journalistes que l’île « est une nation au bord de l’effondrement ».
Parallèlement, le secrétaire d’État, Marco Rubio, déclarait mercredi lors d’une audition devant la commission des Relations extérieures du Sénat que Washington ne cherche pas à forcer un changement de régime à La Havane. Du moins, pas directement. « Nous le souhaiterions, mais cela ne signifie pas que nous allons provoquer un changement, même si nous aimerions le voir. Il ne fait aucun doute que ce serait un grand bénéfice pour les États-Unis que Cuba cesse d’être gouvernée par un régime autocratique », a-t-il soutenu.