
Une mutinerie survenue dans la nuit du 18 au 19 février 2026 à la prison de haute sécurité de Canaleta, dans la province de Ciego de Ávila, aurait fait au moins huit morts et plusieurs blessés graves, selon des organisations de défense des droits humains et des témoignages recueillis par des médias indépendants. Les autorités cubaines n’ont reconnu qu’un « incident ayant perturbé l’ordre », affirmant avoir « rétabli la situation avec rationalité et détermination », sans confirmer de victimes.
D’après des enregistrements audio et vidéo diffusés après les faits, la révolte aurait été déclenchée par la mort d’un jeune détenu. Selon plusieurs témoignages, celui-ci aurait protesté contre la qualité ou la quantité de la nourriture, aurait été violemment battu dans sa cellule, puis retrouvé pendu. L’annonce de son décès se serait propagée rapidement dans l’établissement, attisant la colère des prisonniers.
Des images montrent des détenus frappant les barreaux, scandant des slogans hostiles au président Miguel Díaz-Canel et au Parti communiste, et reprenant le mot d’ordre « Patria y Vida », en opposition au slogan officiel « Patria o Muerte ». Au fil des heures, la tension serait montée d’un cran, jusqu’à l’intervention des forces de sécurité.
Selon des ONG telles que Prisoners Defenders et des activistes, la répression aurait impliqué des unités spéciales, notamment les « Boinas Negras », l’usage de gaz poivré, des tirs de balles en caoutchouc et de violents passages à tabac. Plusieurs détenus auraient été grièvement blessés, certains hospitalisés avec des fractures et des traumatismes crâniens. Parmi les morts figureraient plusieurs prisonniers identifiés par leurs proches, bien que les familles affirment ne pas avoir reçu d’informations officielles.
À l’extérieur de la prison, des proches de détenus se sont rassemblés dès le lendemain matin, sans obtenir de nouvelles sur l’état de leurs parents. Des témoignages évoquent un important déploiement de forces de sécurité et un strict contrôle du périmètre.
La prison de Canaleta, qui compterait plus de 3 000 détenus, fait l’objet depuis plusieurs années de dénonciations récurrentes concernant la malnutrition, les violences, les cellules d’isolement et le manque d’accès aux soins. Dans un contexte de grave crise économique à Cuba, cet épisode met en lumière la pression croissante qui pèse sur le système pénitentiaire et l’opacité persistante des autorités sur la situation carcérale du pays.