
Avant de devenir président de Cuba en 2018, Miguel Díaz-Canel a construit sa carrière au sein de l’appareil du régime cubain. Ancien dirigeant étudiant, responsable provincial du Parti communiste, ministre de l’Enseignement supérieur puis vice-président du Conseil d’État, il s’est distingué moins par son charisme que par sa discipline et sa loyauté envers les frères Castro.
Son arrivée à la présidence a marqué une rupture avec la discrétion traditionnelle de la famille Castro. Son épouse, Lis Cuesta, et son beau-fils, Manuel Anido Cuesta, sont devenus des figures visibles lors des voyages officiels et des événements internationaux. Leur mode de vie, affiché sur les réseaux sociaux, a suscité des critiques dans un contexte de grave crise économique à Cuba.
Des proches bénéficiant de leurs relations
Plusieurs membres de la famille Díaz-Canel auraient profité de leur proximité avec le pouvoir pour développer des carrières politiques ou des activités économiques liées au tourisme.
Le cas le plus notable est celui de José de Jesús Díaz-Canel Rodríguez, cousin du président. Son nom apparaît dans des documents judiciaires liés à des affaires de corruption dans le secteur touristique au début des années 2010. Bien que cité à plusieurs reprises dans les enquêtes, il n’aurait jamais été poursuivi ni interrogé par la justice, contrairement à d’autres personnes impliquées qui ont été condamnées.
Activités immobilières et réseau familial
Selon une source citée par CubaNet, Ernesto Díaz-Canel Rodríguez, autre cousin du président, exploiterait avec son épouse des logements touristiques à Santa Clara et à La Havane.
L’article souligne également les liens familiaux avec Ana María Mari Machado, vice-présidente de l’Assemblée nationale cubaine, dont l’ascension politique aurait coïncidé avec celle de Miguel Díaz-Canel.
Les membres de la famille installés en Espagne
L’enquête relève une contradiction entre le discours officiel sur l’émigration et la situation de plusieurs proches du président qui vivent aujourd’hui en Espagne.
Parmi eux figurent Daniel Sánchez Díaz-Canel, médecin exerçant à Valence, et son frère Javier Sánchez Díaz-Canel, actif dans le commerce de vins, spiritueux et produits cubains. Tous deux maintiennent des liens réguliers avec Cuba.
Entreprises étrangères et liens avec le pouvoir
L’article affirme que plusieurs membres de la famille sont associés à des entreprises étrangères récemment autorisées à s’implanter à Cuba, notamment Green Leaf S.L. et Isla Verde SRL.
Selon les auteurs de l’enquête, Manuel Anido Cuesta, beau-fils du président, participerait à certaines de ces activités depuis Madrid, où il poursuit une formation en fiscalité internationale.
D’autres membres de la famille travailleraient pour des sociétés spécialisées dans la promotion et l’exportation de rhum, de cigares et d’autres produits cubains sur le marché européen.
Conclusion de l’enquête
L’article conclut qu’au fil de l’ascension politique de Miguel Díaz-Canel, plusieurs de ses proches auraient bénéficié d’opportunités économiques, de protections et de relations privilégiées. Les auteurs estiment toutefois que l’ampleur de ces avantages reste modeste en comparaison de ceux attribués historiquement à la famille Castro et à d’autres figures de l’élite du régime cubain.
L’enquête précise que les personnes citées ont été contactées afin de recueillir leur version des faits, mais qu’aucune n’avait répondu au moment de la publication.